Armée des alpes Juin 1940
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Location code: 589

Italian attacks from Pas de la Beccia

This border pass, situated at 2718 m, was a prime observatory for the French, offering views on Petit-Mont-Cenis. A cave shelter could accommodate around 40 men.

Par GDI (2S) bernard Ratel et Laurent Demouzon

Location code: 589
Access à pied

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Coll. Laurent Demouzon

Ce col frontalier, situé à 2718 m, est un observatoire de premier choix pour les Français, offrant des vues sur le Petit-Mont-Cenis. Un abri caverne peut accueillir une quarantaine d’hommes.

Le 10 juin, le groupe d’ éclaireurs-skieurs du 15e bataillon de chasseurs alpins qui l’occupe se replie sur le fort de la Turra. Les Italiens de la IXe Guardia Alla Frontiera en profitent pour l’occuper.

Le 22 juin, des fantassins du 232e régiment débouchent du Pas-de-la-Beccia, progressant jusqu’au Collet. Ils sont repoussés par la garnison. À 21 h00, les transalpins effectuent une nouvelle tentative, sans succès.

Le 23 juin, les Italiens attaquent de nouveau ; le lieutenant Chandesris du 164e régiment d’artillerie de position fait déplacer une pièce de 75 mm au Collet. Celle-ci tire, « à débouché zéro » consistant à tirer directement au plus près en avant de la pièce ; pris sous le tir d’une centaine de coups, les assaillants se replient derrière le Pas de la Beccia

Le 24 juin, après un pilonnage de cinq heures, les Italiens attaquent le fort. Ils sont presque sous le mur d’enceinte ouest, dans les barbelés. A l’ouest, les fantassins italiens sont repoussés par la mitrailleuse servie par le lieutenant Prudhon du 71e bataillon alpin de forteresse commandant le fort et reçoivent des grenades lancées par le médecin. Au sud, la pièce de 75 mm est de nouveau sortie face au Collet au sud du fort et repousse l’attaque venant du Pas.

Le poste de la Turra         

Le 13e bataillon alpin de chasseurs à pied commence sa réalisation en 1889. Quatre baraques pour quarante hommes et ue pour les officiers sont construites. Une cabane en bois, appartenant à un vivandier, peut accueillir soixante chasseurs. Des latrines, une forge et une écurie sont édifiées.

En 1893, l’état-major de l’Armée des Alpes décide d’occuper le poste de la Turra toute l’année. Des améliorations permettant de vivre en hiver sont réalisées par les chasseurs et les ouvriers d’art du bataillon. Les fenêtres et portes sont doublées, les plafonds isolés avec de la mousse, les murs de la baraque des hommes sont lambrissés, ceux de celle de l’officier sont recouverts de pitchpin.

Des poêles, des lits superposés en bois, des tables, des bancs et des fourneaux sont installés dans la baraque de la troupe. L’officier reçoit un fauteuil en cuir, un bureau, un lit, une étagère ainsi que des instruments scientifiques tels que baromètre et thermomètre.

Les vivres sont stockés dans une baraque destinée à cet effet. L’écurie est protégée par une couche de terre et de gazon sur le toit et enveloppée d’un gâchis de fumier et de terre. Trois moutons, une chèvre et des lapins l’occupent, pour améliorer l’ordinaire des hommes.

Rapidement, la baraque des hommes devient trop petite et un autre bâtiment perpendiculaire à celle-ci est construit en 1896, accueillant la cuisine, le réfectoire et le foyer. Un poêle se dresse au milieu de la pièce. La cuisine est équipée, en plus du fourneau, d’un four à bois pouvant cuire trente rations. Un escalier mène à une grande cave située en-dessous. Une porte permet d’y accéder directement par l’extérieur.

Un sas en bois protège l’entrée de la baraque. Son toit est constitué d’un plancher recouvert d’un goudron, le coaltar, et d’une couche de terre et gazon. Cette technique permet de diminuer le poids du toit, par rapport aux lauzes, et de soulager la charpente.

Une nouvelle écurie en pierres avec un toit à une pente est construite à l’entrée du poste ainsi qu’un abri à munitions creusé dans le roc et recouvert lui aussi d’un toit à une pente.

Une liaison téléphonique est assurée par une ligne partant du bureau de l’officier et rejoignant Lanslebourg, Sollières,
le refuge 21, la gendarmerie au refuge 18, ou le Pas-de-la-Beccia.

L’approvisionnement en eau se fait, par corvée, à dos de mulet durant la belle saison, puis à dos d’homme ou avec un tonneau fixé sur un traîneau l'hiver. En 1907, une source est captée en amont et l’eau est amenée par un canal couvert, sur une distance de 2,5 km. Parfois, l’hiver, ce canal gèle et il faut reprendre les corvées ou faire fondre la neige sur les poêles et le fourneau.

L’éclairage se fait avec des lampes à pétrole et la ventilation est naturelle. Parfois, malgré le froid, les hommes sont obligés d’ouvrir la fenêtre pour évacuer la fumée refoulée par les poêles.

Quand la neige tombe en abondance, des tunnels sont creusés entre les bâtiments, protégeant les hivernants des intempéries.

En février 1911, une circulaire paraît, annonçant la suppression des postes d’altitude dans les Alpes qui sont confiés à des gardiens civils. Le poste est occupé par la troupe uniquement du 1er juin au 30 septembre, en 1912 et 1913. En 1914, l’occupation est arrêtée au moment de la mobilisation générale, début août.

A partir de 1920, les militaires occupent le poste en été. A l’automne 1926, la reprise de l’occupation permanente est décidée par l’état-major. Le lieutenant de Turenne et vingt-cinq chasseurs montent s’installer dans les baraquements.

L’année suivante, c’est le lieutenant Faure qui prend le commandement du poste. Rapidement, il apparaît que les conditions d’hivernage doivent changer. La baraque des hommes et celle de la cuisine sont reliées par un bâtiment dans lequel est installé un groupe électrogène. Grâce à lui, l’électricité fait son apparition. De l’autre côté se trouvent les WC. Les hommes n'auront plus besoin de sortir pour y accéder.

A partir de 1930, le poste de la Turra est occupé par un groupe de combat de la Section d’Éclaireurs Skieurs du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins nouvellement formée. Les deux autres groupes stationnent à Lanslebourg et assurent le ravitaillement du poste. Tous les quatre mois, les groupes permutent.

Le lieutenant Craplet prend le commandement de la section d’éclaireurs-skieurs et de la Turra en 1933. Pour éviter aux hommes de creuser des tunnels dans la neige ou de sortir dans le mauvais temps, il fait construire un tunnel en bois, appelé rapidement « métro », qui relie la baraque de l’officier à celle des sous-officiers et des hommes. La neige, qui tombe souvent en abondance, recouvre ces tunnels artificiels mais, grâce à eux, les chasseurs se déplacent sans trop de difficultés.

Les toits en lauzes ou goudron sont remplacés par de la tôle galvanisée, plus légère et plus résistante.

A la mobilisation d’août 1939, le poste de la Turra est occupé par la section d’éclaireurs-skieurs du 13e BCA au complet.

En février 1940, le poste est occupé par une section du 71e bataillon alpin de forteresse, commandée par le lieutenant Prudhon, chargée de la défense du fort.

Le 10 juin 1940, l’Italie déclare la guerre. Les alpins quittent les baraquements, en laissant des affaires et du matériel, pour tenir le fort. L’offensive italienne ne parvient pas à déboucher. Le 25 juin vers 14 h, un groupe de Chemises Noires investit les baraquements malgré la cessation des hostilités. Le lieutenant Prudhon les autorise à s’y abriter de la pluie en attendant des ordres.

Après le départ des troupes françaises, le poste est occupé de temps en temps par des soldats de la Guardia Alla Frontiera. En septembre 1943, l’Italie capitule, laissant la place aux Allemands. Ceux-ci n’occupent pas en permanence les baraquements mais y viennent durant des patrouilles.

En septembre 1944, ils se replient sur la crête frontière qu’ils tiennent fermement. Le fort de la Turra est occupé, de même que les baraquements. Ces derniers, plus confortables, servent de cantonnement aux hommes. En avril 1945, une attaque française menée par le 15e Bataillon de Chasseurs Alpins échoue devant eux.

Après la guerre, le poste de la Turra n’est plus occupé. Les baraques sont pillées des matériaux récupérables comme la tôle, les planchers et les poutres. Les intempéries et le temps les rongent petit à petit, ne laissant que des ruines.

Le téléphérique de la Turra

Ce téléphérique relie la vallée au poste de la Turra. Sa construction, décidée à la suite de la terrible avalanche de 1935, commence en septembre 1935. Il permet de ravitailler le poste et le fort de la Turra en toutes circonstances.

La gare de départ se situe à Lanslebourg, en aval du pont du Mont-Cenis. La ligne de 2 900 m de portée, représentant 1 100 m de dénivellation, est soutenue par onze pylônes métalliques, d’une hauteur variable pour compenser les différentes courbes du terrain. La gare supérieure est recouverte de tôle pour la protéger des intempéries.

L’abri du Pas de la Beccia

Le Pas de la Beccia est un col frontière, situé à 2718 m, entre la cime du Laro et le signal du Grand-Mont-Cenis appelé également pointe de Cléry. Il forme un observatoire de premier choix pour l’état-major français qui rapidement décide de l’aménager. Une route de 2,5 km partant des baraquements de la Turra permet à des pièces d’artillerie de monter prendre position.

Un abri caverne de 60 m2, pouvant recevoir quarante hommes, est construit en 1893-1894 à quelques dizaines de mètres en arrière. Il est semi-enterré en maçonnerie ordinaire et comprend une porte avec de part et d’autre une fenêtre, deux rangées de couchettes superposées en bois de chaque côté et une citerne. Le chauffage est assuré par un poêle à bois et l’éclairage par des lanternes à pétrole. Son toit est constitué de lauzes reposant sur une voûte en maçonnerie.

 

 

 

 

Sincères remerciements à

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