Armée des alpes Juin 1940

Les mitrailleuses françaises

En 1939, l’armée française est équipée de trois types principaux de mitrailleuse:

  • la Hotchkiss modèle 1914, puissante et robuste mais lourde et peu manoeuvrable ;
  • la Saint Etienne modèle 1907, complexe, en partie dépassée ;
  • la MAC 31 Reibel qui équipe surtout les blindés et les troupes de forteresse.

Avant guerre, des chasseurs alpins et leurs mitrailleuses Hotchkiss

La Hotchkiss, lourde, était transportée sur traineaux de circonstance

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.

D’origine américaine, la firme Hotchkiss produisit de nombreuses armes et véhicules pour la France, comme les chars H-35 et H-39 pour l’époque qui nous concerne. C’est aussi elle qui donna la mitrailleuse modèle 1914, une arme excellente et fiable tirant du 8 mm Lebel par bandes rigides de 30 coups ou articulées de 251 coups.

Robuste, solide, facile à construire, elle est, écrit O. Bellec: « réputée pour fonctionner même dans un bain de boue ». C’est elle qui est toujours présente en 1940. Hélas elle est très lourde (49 kilos avec son affût!), ce qui n’est pas pratique en attaque, et vient d’une société privée.
Elle peut aussi être utilisée en défense contre avions.

Mitrailleuse Hotchkiss en disposition DCA

Mitrailleuse Saint Etienne 1907

Bien avant la 1ère guerre mondiale, les Troupes alpines testent l'emploi des mitrailleuses en terrain enneigé.

La mitrailleuse Saint Etienne modèle 1907.

L’armée française, après avoir refusé un modèle produit par Hotchkiss en 1900, adopte la Saint-Etienne sept ans plus tard.

Celle-ci est de production nationale, mais d’utilisation compliquée et reste une machine délicate. Tirant du 8 mm Lebel sous forme de bandes métalliques droites de 25 coups, elle peut aussi être équipée de bandes de toile souples disposant de 300 coups et contenues dans une caisse à munitions.

D’une cadence tir pratique de 600 coups par minute, elle porte jusqu’à 2400 mètres et pèse plus de 26 kilos avec son affût. En 1940, elle reçoit des accessoires de tir contre les avions. Toutefois dès 1914 elle est supplantée par la Hotchkiss. Retirée du front en 1939, elle n' équipe plus que l’artillerie, le train ou le génie comme arme de DCA.

Mitrailleuse MAC 31 Reibel

Crédit photo: wikipédia.

La mitrailleuse MAC 31 Reibel.

Pour retrouver un monopole d’Etat face à Hotchkiss, la France fait construire de nouvelles armes par la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) dans les années 20/30. La plus connue est le FM 24/29 dont on reparlera dans une autre fiche, mais il existe aussi la mitrailleuse MAC 31 dite « Reibel », en l’honneur du chef d’alors de la MAC.

Peu connue, d’aspect peu engageant (elle est massive et a un gros chargeur tambour), elle est pourtant une bonne arme qui tire la cartouche moderne de 7.5 mm, à raison de 500 coups par minute.

Équipant surtout les blindés et les avions, elle se retrouve tout de même dans l’infanterie (notamment les unités de forteresse) et fut utilisée après 1945. Ainsi, des photos de la bataille de la RC4 attestent de sa présence en Indochine… Une version d’aviation, la MAC 34, existe aussi.

 

Côté allemand, la MG34 s’utilise à la fois comme mitrailleuse légère, sur bipied, au plus près des combats, et comme mitrailleuse lourde, sur trépied, en défense par exemple.
Cette maniabilité/dualité n’existe quasiment pas côté français.
Certaines unités comme les Troupes alpines sont équipées d'affûts berceau pour leurs mitrailleuses Hotchkiss.

Mitrailleuse Hotchkiss sur affût berceau

Ecole de mitrailleurs près de Châlons/ Marne. Photo : http://www.histoire-passy-montblanc.fr/